Michèle Estébe : « La Passionaria » de la coiffure tire sa révérence !

Elle vient de prendre la retraite, la « révolutionnaire » du ciseau… ! Michèle Estébe, après 45 ans de bons et loyaux services auprès de sa profession, a décidé de passer la main.

Entrée en apprentissage en juillet 1968 (une année qui forgera l’esprit contestataire de notre artiste capillaire), à Pamiers, au 67 de la rue Gabriel Péri, chez sa cousine Janie Soula. Elle fera toute sa carrière dans la cité des trois clochers.

Après les années d’apprentissage et d’études, elle passe CAP et BP ; en 1973 elle s’associe, avec sa cousine, avant d’acheter le salon en 1976. Décembre 1984, elle déplace son espace de travail à la place de la poste, square Jean Moulin.

Michèle est connue et reconnue dans son milieu professionnel, et pas uniquement là, comme une femme d’engagement, volontaire, active et déterminée. Sa conscience professionnelle est à l’égale de la citoyenne qui regarde bouger un monde, autour d’elle, qui ne lui convient pas toujours. Parce qu’elle demande beaucoup à elle-même, elle demande beaucoup aux autres.

Alors, elle va plus loin. Très vite, elle devient membre actif du syndicat de la coiffure de l’Ariège et de la région Midi-Pyrénées. Son rôle ? Conseillère de l’enseignement technologique ; elle travaille à la préparation des examens, elle est également membre du Jury.

En parallèle, elle est aussi Conseillère Professionnelle du CACF (Comité Artistique de la Coiffure Française). Plateaux pour les syndiqués, démonstrations de travail pour les jeunes et débutants, shows coiffures pour grand public, elle est partout, avec l’équipe de l’Ariège, elle sillonne les villes de la région Midi-Pyrénées ; deux fois par an, elle « monte » à Paris chercher la nouvelle ligne de la Haute Coiffure Française qu’elle présente, ici, dans son département.
Savoir-faire et faire savoir
Sur le terrain, au cœur de son salon, Michèle forme également des apprentis.

Elle transmet, dans le cadre de son activité, ce qu’elle a acquis ; son travail elle l’a amélioré, affiné, poli, au fil des années, pour le transformer en son savoir-faire. Entre 1978 et 2009, 12 apprentis sortiront de son salon avec toutes les connaissances de base pour tendre vers l’art de savoir boucler, colorer et couper.

Faire savoir, transmettre a toujours été un moteur, une source d’énergie dans sa vie. Défendre les valeurs, en appliquant les fondamentaux, c’est ce qu’elle s’applique à elle-même. Cette exigence, elle l’attend chez toutes celles et ceux qui la côtoient dans la vie professionnelle, et ailleurs aussi…

La technologie, couleurs et permanente, a étayé son parcours pendant toutes ces années de coiffure. Mais, son véritable cheval de bataille, que dis-je, son « Destrier Blanc de combats » reste la coupe.

Aujourd’hui, à l’heure du bilan, trois de ses apprenties, devenues des professionnelles, comme elle, sont installées et bien implantées dans le milieu de la coiffure. Charlotte à Saverdun, Alexandra au Vernet en Haute-Garonne, et la dernière en date, Lucie qui vient de prendre la succession de Michèle, dans le salon.

Lucie Sans a appris son métier chez Michèle Estébe. En septembre 2008, elle passe son CAP puis son BP, prend sa besace pour aller découvrir d’autres horizons, d’autres perfectionnements, à Toulouse notamment. Depuis janvier 2014, Lucie a plongé dans le grand bain, celui d’un milieu exigeant.

Le salon porte le nom, aujourd’hui, d’Atelier 16 (comme le N° de la rue). Il faudra à Lucie choyer et combler une clientèle fidèle depuis longtemps, pratiquement devenue sociétaire !

Lucie a pour elle son savoir-faire, elle aura aussi le devoir d’apporter sa personnalité. Son sourire et sa gentillesse feront le reste.

D’autant que, une fois par semaine, Michèle vient pour lui apporter son aide et son soutien, elle passe la « Flamme » à celle qui continue le parcours. Ainsi, la spirale continue son développement, l’ascension sur les volutes continue, dans la plus pure tradition de l’artisanat.

Mission accomplie, Michèle. Salut l’artiste : la boucle est… Bouclée !