Semaine nationale de l’artisanat : Emile Rodriguez, fier d’être garagiste !

Chez lui pas de chichi, quand on rentre dans son atelier de l’avenue de Cadirac, on se sent un peu rassuré de voir encore des clés à molette, une voiture sur un pont et lui les mains dans le cambouis à chercher la panne.

Ici pas de mécaniciens en blouse immaculée, pas d’ordinateurs, mais une vraie écoute de la clientèle. Émile fait ce métier par passion, il est tombé dedans comme beaucoup d’adolescents, en bricolant les moteurs de mobylettes. Il fait sa scolarité au lycée Irénée-Cros à Pamiers, préparant un CAP de mécanique automobile en deux années avant de rejoindre le monde du travail.

D’abord apprenti puis salarié avant de racheter en 2009 le garage Cazes.

Pari audacieux, l’automobile était en pleine crise à cette époque, mais aimant se lancer des défis, il a franchi le pas : celui d’« avoir sa propre affaire ».

Aujourd’hui Émile reproduit cette expérience, il vient d’embaucher son ancien apprenti : « l’apprentissage c’est la meilleure façon d’apprendre, les jeunes sont confrontés aux réalités du métier, alors que dans un lycée ils travaillent sur des moteurs installés sur des bancs, ce n’est pas du tout pareil ! »

Notre artisan reconnait que le métier a beaucoup évolué : « à présent les véhicules sont bourrés d’électronique, cela demande davantage de connaissance qu’il y a 10 ou 15 ans. La clientèle s’éloigne un peu des grandes concessions impersonnelles et revient dans les petits garages de quartier. Les clients cherchent autre chose que l’anonymat, les concessions aseptisées… ici ils ont accès à l’atelier, le véhicule est là on parle en direct ».

Émile se bat pour que le modèle de l’entreprise artisanale soit vivant demain : « si on veut continuer à travailler, il faut investir (la moindre valise de diagnostic coute entre 3 à 5000 €) et former. Les jeunes sont l’avenir de nos professions ».

Une antienne reprise en cœur par le bureau de la Chambre des Métiers de l’Ariège et par son président Joseph Calvi qui défend bec et ongle l’apprentissage et l’artisanat en Ariège : « l’apprentissage c’est l’école de la réussite, car 80 % des jeunes trouvent malgré la crise un emploi à l’issue de l’apprentissage. C’est un modèle unique d’entreprise qui doit perdurer ».

La semaine nationale de l’artisanat a lieu du 13 au 21 mars. Elle est organisée avec le réseau des chambres de métiers et l’Union Professionnelle des Artisans (UPA).

Cet événement vise à promouvoir ce secteur tant auprès des jeunes que du grand public, en mettant en avant la diversité des professions, la qualité des produits locaux et artisanaux et les opportunités de carrière et d’emploi que représente l’activité (3,1 millions d’actifs en France en 2011 selon l’APCMA).

Dans le département de l’Ariège Joseph Calvi, président de la CMA09 et Jean Luc Mirouze, président de l’UPA, accompagnés des membres du bureau de la chambre consulaire ont rendu visite ce lundi à plusieurs artisans : Sébastien Rouch (boucherie-charcuterie), Emile Rodriguez (garagiste) et Philippe Morère (menuisier).

Le message se veut rassurant : « après une crise qui n’en finit pas de durer, nous sommes à vous côtés, l’artisanat a des perspectives d’avenir ».

La Semaine nationale de l’Apprentissage veut mettre en valeur les savoir-faire et les filières existantes. Aussi le Centre de Formation aux Métiers de Foix ouvre ses portes le 18 mars 2015 de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h et samedi 30 mai 2015 de 9 h à 12 h afin de présenter les débouchés et les carrières offerts par la première entreprise de France.