Sophie Cieutat, artisan sellier-harnacheur : du sur mesure pour le cheval et le cavalier à Mirepoix

Passionnée par les chevaux, de tous horizons, de tous pays de toute discipline, cette Ariégeoise d’adoption est en passe de réussir une belle reconversion.

En effet après avoir tenu une ferme auberge avec son époux, Sophie décide de se lancer dans l’artisanat d’art en relation avec le milieu équestre.

Après une solide formation de sellier-harnacheur aux haras de La Roche-sur-Yon (Vendée) auprès du très exigent Michel Charrier (meilleur ouvrier de France), elle vient d’ouvrir sa première boutique-atelier à Mirepoix.

Selle anglaise, de randonnée, d’apparat, de dressage, enrênements, sangles, licols, mais aussi tapis de selles, guêtres, produits d’entretien pour le cuir ou les sabots, bagageries (sacoches et fontes de rando)…

Le cavalier qu’il soit amateur ou professionnel peut trouver dans ce bel espace dédié au cheval un matériel de qualité adapté à sa monture et sa pratique.

« C’est un métier ancien presque confidentiel, mais la tendance actuelle avec le développement des loisirs équestres, du dressage ou de l’équitation classique ont conforté mon choix », indique Sophie qui manie aussi bien les alènes, le couteau à pied, les griffes à roulettes que la machine à coudre ou à parer.

Une pince en bois géante calée entre les cuisses, outil indispensable pour faire le cousu sellier, cette frêle jeune femme arrive à coudre ensemble deux pièces de cuir en utilisant deux aiguilles et un fil de lin poissé.

Armée d’une alêne, un poinçon de maroquinier, elle perce chaque trou dans le cuir et enfonce une aiguille de chaque côté. Le cousu sellier assure une solidité à toute épreuve avant le coup de pinceau final pour une dernière couche de teinture de tranche...

L’activité de sellier-harnacheur relève de plus en plus de l’artisanat d’art. La mécanisation des méthodes de fabrication des selles a encouragé la délocalisation des ateliers dans des pays où la main d’œuvre et les matériaux sont moins chers.

Les quelques irréductibles qui choisissent de continuer à tout fabriquer à la main sont donc considérés comme des artisans d’excellence, passionnés par leur métier et visant la perfection.

Le travail de conception se fait la plupart du temps sur mesure, en fonction du cavalier, du cheval et de l’usage qui en sera fait. Sophie lance ses idées sur le papier et en quelques croquis elle sait déjà a quoi ressemblera le produit fini : « à la base la sellerie c’est un travail d’excellence, du choix de cuir aux finitions, ce sont des méthodes traditionnelles, des positions spécifiques, des gestes précis qui se transmettent depuis des siècles.

Mais il faut toujours se remettre en question et apprendre de nouvelles techniques. C’est pour cette raison que je repars régulièrement en formation auprès de Michel Charrier (notamment en janvier dernier pour les techniques de fabrication des selles anglaises).

Ici je peux répondre à toutes les demandes des clients, ceux qui ont envie d’un produit unique, mais également tous les nostalgiques qui souhaitent donner une seconde vie à une sacoche, un harnais, une selle ».

De l’entretien du matériel à la création de produits spécifiques sur mesure, cette activité offre une large palette où l’on peut faire preuve de créativité. Mais il faut savoir que le travail du cuir est très physique, on n’a pas le droit à l’erreur et il faut toujours chercher l’excellence.

Autant de paramètres qui ont séduit Sophie dans le choix de ce métier-passion. Elle-même cavalière et propriétaire d’un Lusitanien qu’elle a dressé, cette passionnée ne façonne que des produits français : en fonction des produits (sellerie ou maroquinerie) des cuirs en provenance des tanneries de Bédariaux (Valeix), Rodez (Arnal) ou Espelette (Cariat).

« La pratique de l’équitation dépend en grande partie de la qualité de notre équipement qui doit idéalement être adapté à la morphologie du cheval et à la position du cavalier.

Je travaille en relation avec un ostéopathe équin pour la création de mes selles, car le bien-être du cheval tout comme la satisfaction du cavalier sont au cœur de mes préoccupations ».

Il faut compter 35 heures de travail pour une selle anglaise, mais cela peut vite représenter des semaines de travail pour des produits uniques, de la sellerie « haute-couture » comme on peut la voir dans certaines boutiques du faubourg Saint-honoré à Paris.

Dans la vitrine de sa boutique on retrouve un cheval grandeur nature paré des brides de dressage, selle et équipement réalisé en atelier, mais également toutes les créations de maroquinerie que cet artisan sellier atypique est capable de réaliser : du cartable rétro au sac à main tendance en passant par les ceintures.

Curieuse d’apprendre de nouvelles techniques et de se perfectionner, Sophie qui a de lointaines racines hongroises rêve d’aller en Hongrie pour y découvrir le travail du cuir avec des tissages particuliers qui ont fait la réputation de sa sellerie pendant des siècles.

[(Cabriole
Artisan Sellier
Sellerie équestre et maroquinerie sur mesure
Tél : 06 75 25 46 75
www.selleriecabriole.fr
10, rue porte d’Amont à Mirepiox)]